52 trucs à savoir quand on débute la M.A.O

J’ai commencé à faire de la MAO en 2003/2004.

Quelque part sur un disque dur, se trouvent de vieux dossiers honteux et poussiéreux, ces vieilles démos faites jadis.

Ordinateur familial. Pas de carte son. La guitare branchée directement avec un adaptateur mini-jack. La latence minimale d’une seconde et demi… C’est l’époque où j’essayais de craquer Cubase SX3, Nuendo et Reason 3.
Je ne savais même pas plier un cable. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais. Simplement, je le faisais. J’étais fasciné. Je rêvais d’enregistrer moi même une chanson dont tout le monde se souviendrait. Jeunesse. Le bon vieux temps quoi.

Internet commençait juste son big bang, aussi les ressources n’étaient pas encore hyper nombreuses ou accessibles.Les vidéos youtube n’arrivèrent que bien plus tard. Et puis j’étais erratique, peu assidu, sans méthode. Autant dire que j’ai ramé et franchi bien des paliers avant d’obtenir un résultat correct. J’ai pris le temps d’apprendre, mais surtout de faire, et toujours faire. J’ai bien sur perdu beaucoup de temps. Bugs sur bugs.

Plus de dix années ont passées, je continue tranquillement ce chemin sans fin, mais…

Retour_vers-le-futur

Parfois je me ferais bien un plan à la Retour Vers le Futur, pour me glisser une petite liste non exhaustive de trucs et conseils, en guise de repère pour mes débuts comme musicien MAO…

 

  1. Fais toi confiance.  Tu as le droit de faire de la musique, de créer quelque chose. Et d’en faire profiter une audience. C’est quelque chose qui sort de nulle part sinon ta tête, c’est pas grand chose, aussi sois en fier.

 

  1. Utilise « enregistrez sous » quand tu as une idée radicale de génie. Aucun risque de perdre des heures de boulot. Si ton « éclair d’inspiration fulgurant », n’était pas si judicieux en fait, il est toujours bon de pouvoir revenir en arrière. D’une manière générale, fais de CTRL +S un réflexe. Tu bosses avec un ordi, c’est la base.

 

  1. Vise minimalisme. Pas toujours besoin d’en mettre des caisses. Mais ça n’est pas si facile, on a tendance à combler le vide.

 

  1. Le mixage c’est pas magique. Fonce et mixe. Plante toi. Et copieusement. Apprend. Pense volume. Pense spatialisation. De toute façon, t’as pas de budget. Et pas forcément un gentil pote ingé-son, compétent, très patient et bénévole.

 

  1. Le mastering, c’est pas magique. Fonce et masterise. Teste et plante toi bien. Apprend. Essaye aussi Landr. De toute façon le mastering n’est pas ta priorité, loin de là. Tu risques plus de faire du mal que du bien à ton morceau.

 

  1. Fais en plus.  C’est en forgeant… Rome ne s’est pas fait en un jour…. Tout ça tout ça. On ne va pas enregistrer un tube dès qu’on lance live ou cubase.

 

  1. Je répète, fais en plus. C’est la seule vraie manière de devenir bon. Regarder tous les tutoriels du monde ne changera pas vraiment ton aisance avec « l’outil MAO ».

 

  1. Mais ne fais pas toujours la même chose.  Va là où tu n’es pas confort, met toi un peu en danger. Pense nouveau.

 

  1. Garde ta patte.  Il n’est pas plus faux que de chercher à « faire comme ». Sois toi même, avec ton style à toi, ton authenticité. Quelqu’en soit la forme. Il y’a peu de chance que tu révolutionnes la musique mais tu peux créer un univers bien à toi.

 

  1. Donne toi des contraintes. Lance toi des défis d’écriture, de composition, d’utilisation d’instruments, de temps, d’outils.

 

  1. Sois bourin sur les effets. Fais toi plaisir.  Crée des textures sonores étranges. Des sons improbables. Explore, sois créatif. Mais prudence au mixage. Il va falloir l’entendre, ta voix ultra saturée, phasée, flangerée, reverberée et delayée. La règle en général c’est : bourrine, puis baisse le niveau pour trouver un compromis.

 

  1. Garde toujours en tête l’ensemble du morceau.  On se perd vite sur un détail. Et très souvent. La vision d’ensemble. Réécouter d’un peu avant le passage de 10 secondes qu’on vient de travailler pendant 30 minutes. C’est comme ça qu’on trouve le liant.

 

  1. C’est pourtant le souci du détail qui fait la différence.  Garde ça dans un coin de ta tête, mais concentre toi sur le gros du chantier d’abord.

 

  1. Installe de préférence un home studio FIXE.  Même un coin minable. Histoire de n’avoir qu’à lancer le logiciel, et allumer les enceintes. Et roule ma poule. Si à chaque fois tu dois brancher des cables pendant 5 minutes, tu feras 50% de musique en moins.

 

  1. De nos jours, produire de la musique ne coute pas cher. Un ordi sur la batterie, un logiciel, des écouteurs, ça peut suffire.

 

  1. Mais ça coute cher quand même. Si tu es passionné et que tu le peux, casse ton livret A et sort environ 1000€. De bonnes enceintes, une bonne carte son, un bon micro, un bon câble et un petit clavier. Ca par exemple. Recherche le bon rapport qualité prix. La bonne occase aussi. Test, emprunte à des potes. Evite de descendre en dessous de 200€ par élément. Prudence quand à l’overdose de matos. Pas besoin d’avoir du matos professionnel hors de prix pour arriver à de bons résultats.

 

  1. Tu finiras avec un Mac, mon fils. C’est un peu fait exprès parce que bizarrement ça ne laisse personne indifférent. Ok finir avec un mac, c’est pas obligatoire mais assez probable. Si tu prend le pli du changement, et que tu supportes de rajouter euh… 1000€ à 2000€ sur ta facture MAO déjà salé…. Gain de productivité musicale en vue. Mais oui, c’est cher, et oui ça bug quand même. Et oui, on peut très bien faire sans. J’ai juste remarqué que bon nombres de zikos finissent sur mac.

    En général les lecteurs s’arrêtent là et viennent m’insulter ! Et toi ? Non ? On continue…

 

  1. Utilise vite un deuxième écran. Confort de travail. Confort de la vue. Gain de temps.

 

  1. Mais ne fais confiance qu’à tes oreilles.

 

  1. Peu importe le logiciel que tu utilises.  Teste en plusieurs, choisis en un avec lequel tu es à l’aise et fais en ton pain quotidien. Ronge le comme un os à moelle.

 

  1. Utilise quelques raccourcis claviers. Tu vas gagner du temps, beaucoup, de temps.

 

  1. Ne compte pas tes heures.  Sauf si tu es payé, là tu pourras peut-être commencer à éventuellement te poser la question. Mais on parle de musique là. Donc être payé… bon y’a quand même peu de risque. Tu as tes rêves de gloriole, mais dans le fond, tu ne fais pas ça pour l’argent.

 

  1. Le résultat final est ce qui compte vraiment. Pas la manière.

 

  1. Ne te cache pas derrière la technique. Pas besoin de beaucoup pour produire quelque chose de tout à fait correct. Comprends quelques fondamentaux, et apprend à écouter différemment. A différencier les pistes.

 

  1. Les outils sont cependant importants. De temps à autre ajoute un nouvel instrument, plug-in, une nouvelle corde à ton arc, pour emmener tes morceaux un cran plus loin.

 

  1. Le solfège, ça peut aider.  Un brin de connaissances sur la manière dont se structure la musique (mesures, harmonie). Ca vaut le coup de faire l’effort. J’te dis pas de faire le conservatoire.

 

  1. La voix, c’est un peu une potion magique. Pour aimer -ou detester- une chanson. Alors soigne tes pistes de voix. Prends le temps qu’il faut. Refait des vraies prises une fois ton morceau abouti. (Note pour l’auteur)

 

  1. On surestime l’importance des traitements. EQ. Compression. Reverb. Delay. Il ya déjà de quoi faire, Et de quoi se perdre. Rien ne vaut une bonne prise. Meilleure est la prise, moindre est le temps passé à la traiter. Mais il te faudra quand même apprendre un minimum les traitements. Ici par exemple. 

 

  1.  Bosse à un volume raisonnable. Fais des écarts de temps à autre. Mais ne te pète pas les tympans.

 

  1. Méfie toi aussi du casque.  Ca fausse le mix, et ça tue les oreilles. Même si ça  t’évite des soucis de couple ou de voisinage, n’oublie pas que « ça sonne toujours mieux dans le casque ».

 

  1. Organise ton disque dur. Crée quelques dossiers, quelques sous dossiers, et des raccourcis bureau. Prends vite l’habitude de ranger tes morceaux, toujours au même endroit. Parole de bordélique.

 

  1. L’inspiration, ça va, ça vient. Accepte de ne pas être productif pendant des jours, des semaines. Mais pas plus. Oublie tes morceaux, faites autre chose, lis, regarde des trucs, sort. Nourris toi et reviens y. Avec une oreille neuve.

 

  1. Si  tu n’aime pas ce que tu fais, n’espère même pas percer. Ta musique doit avant tout te plaire. Si ce n’est pas le cas, il y a un problème quelque part.

 

  1. Evite de te comparer aux pros. Surtout si tu débutes. 

 

  1. Mais vise une qualité pro. Accepte seulement que ça ne vient pas en cinq minutes, mais que l’on compte plutôt en années. On parle de développer de multiples compétences, il n’y a donc pas de miracle soudain. C’est un travail de longue haleine. Accepte ton niveau. Mais ne t’arrête pas.

 

  1. Sois toujours prêt à enregistrer. Saisir l’instant, c’est tout ce qui compte. Et les idées sont volatiles. Surtout les bonnes idées.

 

 

  1. Il faut donc soigner un minimum tes prises.  Règle la position du micro, le gain sur la carte son. Fais un petit test. Trouve le compromis signal/souffle. N’y passe pas des heures. N’oublie pas : saisir l’instant.

 

  1. Vérifie avant d’enregistrer.  Parce que ça nous est tous arrivé d’enregistrer un one shot d’enfer, avec la mauvaise entrée de la carte son.Damned. Alors : Input 1 ou Input 2 ?

 

  1. Tu as le droit d’utiliser des boucles. Ne sois pas honteux d’utiliser de la matière sonore déjà existante. Pense au trucs n°23.

 

  1. Mais c’est mieux de faire ses propres boucles. Ou de bien les bidouiller. Penser originalité.

 

  1. N’aie pas peur de partager ta musique. Après tout, tu aimerais la faire connaitre, non ? Il faut bien commencer quelque part.

 

  1. Ne partage pas tout. Tout n’est pas partageable. Ne confond pas la sortie d’un morceau, comme ça, pour alimenter ton soundcloud, et la release d’un vrai EP ou d’un album sur lequel tu as travaillé des mois. Tous tes morceaux ne se valent pas.

 

  1. Sauvegarde ta musique en ligne. Garde une trace. Evite de perdre des morceaux bêtement. Merci Dropbox.

 

  1. Prépare toi à quelques nuits blanches. Haha. Quelques.

 

  1. Pense à faire des pauses. Même infimes. Un timer peut même être envisageable. On passe parfois trois, quatre, cinq, huit(!) heures à faire du son non-stop, ou à s’acharner à mixer un titre. Sauf qu’au bout d’un moment, on est souvent enlisé. Faire une pause c’est revenir avec un regard « neuf » et un cerveau un peu rafraichit. En général, on résout alors ce qui nous posait problème…

 

  1. Demande à quelqu’un de s’occuper de ton visuel. Parce qu’on ne sait pas forcement tout faire. Encore moins le faire bien. Ce qui te prend le chou peut être réglé en cinq minutes par une personne qualifiée, penses-y.

 

  1. Accepte les retours, les critiques. C’est ce qui nous fait avancer, même si c’est chiant à entendre. On n’a pas la science infuse en toute chose. Mais fais tout de même ce qui te plait.

 

  1. Récolte des adresses mail en échange de quelques titres. Garde la contact, soit cool, et crée toi des fans. En ligne, à tes concerts aussi. Crée un lien direct entre toi, le créateur, et eux, les consommateurs. C’est à peu près la seule manière censée en 2015, avec les concerts, d’espérer monétiser (un peu, rêve pas) ta musique.

 

  1. N’oublie jamais l’émotion.  La musique doit porter en elle cette dimension. Essaye de transmettre quelque chose, de mettre une intention dans tes prises. Ne fais pas une jolie coquille vide.

 

  1. Termine tes morceaux ! Chaque morceau te rapproche de ton objectif.

 

  1. Fixe toi donc un bon objectif tiens.  Et réalise le.Faire un EP. Un remix. Un morceau en une nuit. Mixé le lendemain, en ligne dans la foulée. Même si ça n’aboutit pas dans 50% des cas, tu auras forcément avancé. Dans 100% des cas.

 

  1. Fais autre chose que de la MAO.  N’oublie pas le vrai monde. 

 

J’espère que ces quelques trucs vous auront été utiles ! J’aurais pu en mettre bien d’autres…
Et vous, quels sont vos astuces, ou recommandations pour mieux pratiquer la M.A.O ?

Aidez moi à faire grossir cette liste !

lemusicien
 

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