Ce que je retiens de 7 années d’autoproduction

do it yourself = autoproduction

Intro melo :
Je suis un poil solitaire. Un peu trop sans doute.

Déjà il y a vingt ans, je passais des vacances entières à pêcher, tout seul.

Le Do It Yourself, l’autoproduction, je connais assez bien. Un peu trop sans doute.

Voilà pourquoi depuis un an je cherche un éditeur pour mes chansons, pour m’aider à améliorer ce que j’ai déjà pu accomplir, dans mon coin. Sans réponse positive pour le moment, c’est peut être trop tôt, ou trop tard allez savoir ! 
 
Depuis 2009, j’ai créé (ou participé à), enregistré, mixé – et autoproduit- 6 « disques » EP, albums, et je ne parle pas des nombreuses démos distillées par ci par là pour moi ou d’autres. Je ne parle pas non plus des coups de mains aux potes, relativement nombreux, et de mes participations dans divers projets. Et aussi des 100/130 concerts péniblement accumulés avec différents groupes.
 
Je me suis dit qu’une petite synthèse était de rigueur, et je le partage avec vous !

La patience, cette vertu à double tranchant

Le temps est une vraie richesse quand tu crées tes disques toi même.

Seulement ce temps, qui compense ton absence quasi totale de budget, est aussi à double tranchant.
Avoir du temps, ça veut donc dire prendre son temps. Sauf que prendre TROP son temps fini par devenir vraiment délétère :
Dispersion, démotivation, remise en question…

Ca te dit quelque chose ?

Sans deadline, sans réelle prévision, on peut rester à ‘mixouiller’ un EP pendant des semaines, des mois même.

 

Ajoutant un truc par ci par là. Oubliant le mixage, revenant sur de l’arrangement.

Ré-enregistrant des voix ou des guitares au dernier moment, va savoir !

Le risque : que le projet ne soit jamais finalisé et reste dans les tiroirs.

 

C’est le cas de mon projet d’album solo, que j’ai commencé il y a deux ans, que je n’ai pas finalisé et qui me parait désormais complètement obsolete.

Pas si simple, l’autonomie !

En autoproduction, tu te démerdes.

 

Ce qui à ses bons et ses mauvais côtés, mais tu vas devoir tout faire seul. Et surtout t’organiser ! Tu es capable de le faire, mais en as tu vraiment l’envie ?

Trouver les moments pour créer sa musique, démarcher radios et salles, programmer les repetitions, faire sa comm’….

Une multitude de tâches auxquelles il faut que tu penses.

Si comme moi, tu fais tes albums et demos tout seul, dans ton home studio, tu as donc un accès quasi illimité à ton outil de création. Or, cette opulence de temps de studio n’a rien à voir avec la manière d’enregistrer d’il y a quelques années.

Avant, un groupe jouait, jouait jouait, répétait pendant des semaines. Puis enfin il entrait au studio, dans lequel il ne restait guère plus d’une semaine. On jouait au maximum de prise live, on évitait les re-re…
Enfin, le CD était mixé, masterisé, et promotionné par des professionnels dont c’est le metier.
Si tu penses encore dans ce schéma, dommage pour toi, il va falloir en sortir, pour peu que tu veuilles faire progresser ton projet.

En 2016, c’est à toi de tout faire, avant de pouvoir espérer intéresser de quelconques professionnels.

 

Si tu veux arriver à tes fins, il va falloir te concentrer sur les tâches vraiment utiles, et les faire vraiment, ces tâches.

A moins d’aller faire le casting de The Nouvelle Star / La Voice, tout ça…….

Hum.

Le Home Studio a vraiment ses limites !

Je n’ai pas de matos; ou quasiment pas.

Soyons honnête, je n’ai pas la fortune que je mérite !
Alors on fait avec les moyens du bord.

Ma chaine audio est naze, mon acoustique n’est pas traitée.

Je bidouille, j’essaye de maximiser mes résultats avec le materiel que j’ai à ma disposition.

Bref, ma musique est, et reste, à mon gout, d’une qualité « amateur plus ».

Malgré toute l’application au mixage, malgré une certaine créativité – débordante même suivant les périodes –  je le sais bien, je ne sonne PAS pro.

Même si on vous fait croire que vous sonnerez pro avec un « pack home studio à 299€ ».

Même si on vous fait croire qu’il suffit d’une formation sur le mixage home studio  » je sonne comme un pro en cinq minutes ».
D’expérience, je vous le dit, et je suis même pret à l’affirmer : très rares sont ceux qui arrivent à un tel résultat en si peu de temps avec pas ou peu de matos.Souvenez vous, il nous faut 10.000h de pratique pour maitriser un sujet…

Et puis, on parle souvent du mixage, mais beaucoup, beaucoup, beaucoup plus rarement de la prise de son.
De la chaine audio. De l’acoustique. De la qualité de tes cables même ! Alors que tout ça est primordial pour réussir ensuite le mixage et avoir un son correct.

Et bizarrement, dans tous ce que je vois/lis et entend sur la toile, on ne parle pour ainsi dire jamais de la qualité de la musique !

Si-dé-rant.

Le « mixage en home studio », ça veut tout et rien dire je trouve.

Sincèrement, une track enregistrée dans de bonnes conditions sera très facile à mixer, juste avec n’importe quel DAW et une paire d’écouteur…

Franchement, envoie moi tes exports enregistré dans un vrai studio, je veux bien te mixer un titre, gratuitement, avec plaisir ! (proposition sérieuse, une seule place disponible).

Tu verras ça sonnera.
Par contre envoie des stems enregistrées à l’arrache à un mixeur dans son studio professionnel.

Il va un peu rire jaune.

Il y a même des chances pour qu’il ne prenne pas son temps (et ta thune) pour le faire, car il sait que le résultat sera bien en deçà de ses standards.
Dans nos cas, très souvent, on travaille sur un morceau créé au fil du temps, arrangé de ci de là, avec des prises plus ou moins correctes, jamais trop finalisé, qu’on a laissé murir, sur lequel on est revenu maintes et maintes fois…
Ce morceau là sera beaucoup plus compliqué à mixer.
Même en se formant, même avec pas mal d’expérience.
Pourquoi ?
Parce que tu auras enregistré dans différentes conditions, différentes humeurs, voire différents lieux ou matos.
Tout ça participe à une hétérogénéité du son, et donc un mixage potentiellement très bancal.  Du moins dur à rattraper.
Est ce grave pour autant ?
J’ai du souffle dans mes prises, des parasites. Mais qu’importe.
Mon style est pop alternatif / folk.

Alors il excuse certains impaires soniques. Tant qu’on y retrouve l’émotion.

Je m’intéresse avant tout à l’âme de ce qu’il y a dans ma musique. C’est un peu pompeux dit comme ça. Et c’est peut être aussi que j’ai honte de la qualité sonore de ce que je propose, parfois.
Ce que je n’ai pas en qualité de son, j’essaye donc de le compenser en créativité. Ca ne marche pas toujours, mais c’est tout de même ça.
De la faiblesse de mon système son, j’ai fais en sorte de développer ma maitrise du logiciel.
En résumé : j’ai des outils de m**erde, mais au moins je sais m’en servir.

Tout comme j’ai appris la guitare sur un instrument bas de gamme.

Si un jour, je fini par investir dans un vrai projet studio de qualité avec les trois éléments haut de gamme indispensable : interface, micro et enceintes (et les bons cables qui vont avec) je sais que toute mon experience préalable sera d’autant plus valable si mes prises de son sont désormais de bien meilleure volée.
Oui, on peut faire de grande choses avec 500€ de matos.
Non, on égalera très difficilement la qualité pro dans ces conditions.

Si en plus,  tu fais de l’EDM, de la grosse électro, ce sera  compliqué de passer à côté du gros son inhérent à ce style… Donc plug-ins, et gros mixage en vue.

l'autoproduction c'est aussi le bricolage
Devenir champion du cache misère

Ce qui pourra faire une éventuelle différence entre une maquette amateur et une maquette plus « pro » c’est votre attention aux détails.
Principalement dans votre musique et son arrangement  : composition, équilibre, contrastes, énergie, paroles, mais aussi enfin au niveau de votre mixage.

En gros, on va essayer de compenser notre son de m**erde par un temps infini à bidouiller tout ce qu’on peut.

Doubler des pistes, éditer à fond l’ensemble. Appliquer des denoizer. Equaliser, re-equaliser. Compresser. De-esser. Pitcher les notes, etc.
C’est comme ça qu’on récupère des prises foireuses, des voix pas toujours justes, des ronflements par ci par là, etc.

Mais entendons nous bien, tout ça n’est qu’un cache misère.

 

Qui au mieux, en plus de faire fumer ton ordinateur, fera un peu illusion.
Au mieux, hein.
 organisation une vertu pour l autoproduction

La promo, le booking… mais quelle GALERE !

Mais c’est vrai. Jouer, c’est cool. Créer est une chose. Mixer en est une autre.

Tendre à un son pro avec un micro Beringher, une carte son Tapco et une paire d’écouteur iPhone, c’est aussi un défi créatif plutôt stimulant.

Toutes ces choses sont des moments créatifs, c’est un peu ce pourquoi on aime faire du son non ?

Mais si on mets de côté ce travail créatif, plutôt joyeux….

Une fois qu’on a nos titres entre les mains, qu’en fait on ?

Je ne compte pas les missions et autres reunions de groupes à se dire « il faudrait qu’on fasse ça »,  » ah et puis ça aussi ce serait trop bien tiens ». « On va faire ça aussi ! »

Et concrètement ça donne quoi ?

Au final, personne n’est motivé pour aller distribuer des flyers à la sortie des concerts du coin. Personne n’a vraiment envie de passer une journée au téléphone, pour booker des dates dans des café concerts qui ne te payeront sans doute pas.

Personne n’éprouve d’irrésistible attirance à l’égard de communiqué de presse, du réseautage divers et varié…
Pas besoin de continuer, je pense que tu as saisi…

L’auto-production, « c’est bien, mais… »

Tu es tout seul, toi et tes potes.

Il y a assez peu de chances pour que tu aies la fibre artistique ET la fibre marketing.

 

Pourtant il te faut les deux pour faire avancer ton projet. Ou que l’un des membre de ton groupe s’en charge.

Celui ou celle là, tu le chouchoutes, tu l’invites au restaurant, tu lui écris une chanson, bref, tu le préserves, parce que c’est une perle rare.

Très rare !

Sans quelqu’un pour prendre cette partie en charge, tu vas morfler, et le projet n’avancera pas aussi vite que prévu.

Moralité : trouves toi une bonne poire pour faire ton booking ! Sinon invente toi un alter-ego champion de la vente sur les marchés, et décroche ton téléphone.

Dans tous les cas, bon courage…

 auto production peut te mener a glastonbury

Aller où tu le désires

La magie de l’autoproduction, c’est quand même de pouvoir mener son projet de A à Z.
Avec un minimum beaucoup d’organisation, si tout le monde dans le groupe est d’accord sur les objectifs, tu peux aller relativement loin, en restant  maitre de ton propos et de tes choix.

Pour peu que la musique ne soit pas trop dégueulasse hein !

Il va pour ça falloir se retrousser les manches, et se faire épauler par des gens plus compétents.Tu peux être en Do It Yourself, mais bosser avec d’autres gens dont les compétences te sont nécessaire.

Je pense notamment aux copains techniciens, sans qui ton projet n’aura pas la même allure…

Tu dois aussi connaitre ton ratio temps / argent.
Ce que tu veux/peux investir dans chacun de ces postes.

Surtout, surtout… Il va falloir définir un leadership clair et net.

 

Ouvert au débat, certes, mais trancher, prendre des décision et s’y tenir. Sans cela, crois moi, ça va être vraiment compliqué.
Trop compliqué même.

C’est tout une machinerie à mettre en place, qui dépasse largement la musique. Si bien sur tu veux dépasser le stade du groupe qui joue dans son garage…

J’ai essayé d’être honnête.

J’ai oublié plein d’aspect dans cet article totalement subjectif (et bordélique) pour me concentrer notamment sur l’aspect MAO / enregistrement.


Mais c’est volontaire pour ne pas trop en dire non plus.


Maintenant j’ai une question pour toi : quelle est ton expérience de l’auto production ?

Comment tu t’en sors ? Réponds moi en commentaire !
lemusicien
 

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