Midem 2015 : Soundcloud au point de départ, et résumé du salon.

Où il est question de l’importance de collaborer, du choix du consommateur, et de l’accessibilité.

–Note Du Traducteur—

Cet article a été écrit par Rhian Jones,  journaliste freelance de l’industrie musicale, tiré du blog du Midem traduit de l’anglais par Vincent Retg. Retrouvez l’original en cliquant ici.

Je remercie l’auteur de m’avoir autorisé à traduire son texte. Thanks to Rhian Jones for letting me translate and publish her article !

Le Midem 2015, en bref :

Jour 1 – Vendredi
Jour 2 – Samedi
Jour 3 – Dimanche
Jour 4 – Lundi

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alexander ljung au midem 2015

Alexander Ljung (Soundcloud)

Par Rhian Jones

Dans les six années qui ont suivi sa victoire au Midemlab (compétitions de startups), Soundcloud s’est transformé en une des plateformes majeures du streaming, avec plus de 175 millions d’utilisateurs mensuels.

Alexander Ljung, cofondateur, nous a fait part de sa vision du passé, présent et futur de l’entreprise.

Créé par des musiciens pour des musiciens, (Ljung et son partenaire Eric Wahlforss sont tous producteurs de musique électronique), l’objectif derrière Soundcloud était de créer un portail sur lequel il serait facile de mettre en ligne sa musique et la partager avec des fans.

L’ambition de Ljung était importante dès le début, et la prochaine étape est celle de la monétisation, avec son programme partenaire « On Soundcloud » qui compte déjà plus de 100 partenaires – dont des sociétés réunies sous la bannière du réseau indépendant Merlin – qui commencent à percevoir des revenus. Ce qui signifie que des artistes comme Bjork ou Aphex Twin peuvent monétiser leurs créations en ligne.

« Des trucs géniaux se produisent quand tu laisses les créateurs aux commandes. Nous avons des artistes incroyables qui utilisent la flexibilité et l’ouverture de Soundcloud, et ils commencent à gagner de l’argent grace à leur travail », dit Ljung.

A propos de l’avenir des services de streaming, Ljung dit que ceux qui offriront à la fois des abonnements payants et des offres financées par la publicité tireront leur épingle du jeu. «  Il me semble évident que c’est un mélange des deux; et ce pour quelques bonnes raisons. La musique peut réunir n’importe qui sur la planète et l’un des points cruciaux est de savoir comme on partage cette expérience. Il faut rester ouvert à cette notion de partage.

« Il y’a 3 milliards de personnes en ligne, vous ne pourrez jamais faire s’abonner tout ces gens, c’est impossible. Plutôt que débattre sur la question de la pub ou des abonnements, la grande question serait plutôt de savoir comment segmenter le marché de la bonne manière. Mettez ceux qui sont enclins à payer sur un modèle à abonnement, et les autres sur un modèle financé par la pub. Il s’agit vraiment de savoir comme on trace une ligne entre les deux. »

Andrus Ansip Midem 2015

Andrus Ansip

Pour Andrus Ansip – Vice président de la commission européenne sur le marché numérique unique – on doit libérer le flux entre les différentes plateformes des différents pays si l’on veut espérer voir grossir le marché de la musique et de la créativité. De même, une des priorité reste de s’atteler à la question du piratage, problème qui n’est pas encore légiféré au niveau européen.

« Nos créatifs de l’Union Européenne perdent beaucoup d’argent à cause du piratage. En un sens notre législation pousse les gens à voler, mais on peut penser que si l’on est capable de proposer un service de meilleur qualité et de meilleur rapidité, alors les gens préfèrent agir de façon honnête, » explique Ansip. Ils sont prêts à payer, ils ne veulent pas voler. Il nous faut pourvoir à cet accès légal des contenus numérique; dès lors il sera plus censé de s’attaquer au piratage. Notre but est de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. »

Harvey Goldsmith at Midem

Harvey Goldsmith

Après s’être attardé quelques temps sur sa longue et riche carrière, à travailler avec Elton John, Led Zeppelin, The Rolling Stones et bien d’autres, Harvey Goldsmith CBE, vétéran de la promotion musical, s’est permis quelques suggestions pour préserver le futur de l’industrie musicale. Plutôt que de « se faire la guerre », les managers, labels, éditeurs, promoteurs, les agents et les sociétés de collecte de droits d’auteurs devraient plutôt s’assoir à une même table et travailler à une stratégie commune sur des problèmes comme la revente des places de concert, ou la diminution de la valeur monétaire de la musique.

« Les problèmes de l’industrie musicale se reflètent dans les grands problèmes mondiaux, mais pour ceux ci il y a les Nations Unis, dans la musique nous n’avons pas une telle instance.

Le propos est trop segmenté. L’industrie n’a pas de lieu où débattre de ces problèmes qui nous affectent tous.

Les maisons de disque ont encore du mal à travailler avec les bookers et les promoteurs. Les éditeurs et les sociétés de collecte de droits sont en guerre avec les maisons de disques. Les agents et les promoteurs se plaignent les uns des autres, et les manageurs regardent tout ce petit monde s’empoigner. »

Goldsmith appelle les jeunes promoteurs à trouver et développer de nouveaux artistes; de même qu’il invite les éditeurs et maisons de disques à arrêter de se bagarrer pour plutôt nourrir et entretenir ces talents.
« Il y’a des tonnes d’artistes talentueux, il s’agit simplement de les soutenir pour qu’ils se fassent entendre dans tout ce bruit. »

Lors du discours de clôture, Sammy Andrews (Cooking Vinyl) Jason Reed (Domino) et Nick Parry (Believe Digital) – les ambassadeurs de ce Midem –  ont résumé les quelques tendances de l’industrie.

Le streaming était bien sur au centre des conversations, avec l’arrivée du service d’Apple aujourd’hui sur le marché.

« Nous sommes très enthousiasmés par cette nouvelle » dit Andrews… « si les marchés conclus sont justes et que nous sommes correctement rémunérés. »

Les dispositifs musicaux haut de gamme étaient également un des thèmes; avec des produits pour ‘l’audio haute résolution, tels que Gramofon.

« Nous qui avons grandi avec le mp3, nous nous y sommes habitué » dit Reed.
« C’est peut être pour ça que le vinyl réapparait . »

Parry, lui, s’est plutôt intéressé aux big data (pas vraiment de traduction, NDT),  se demandant si l’industrie musicale s’était plongée dedans. « La solution peut venir d’un mélange de diverses applications et outils » a t il dit, précisant que l’acquisition de Musicmetric par Apple et Next Big Sound par Pandora semblent faire parfaitement sens. »

Tous les intervenants ont ajouté qu’ils se penchaient déjà sur les ces données. « Nous n’en sommes qu’aux balbutiements des big data, mais tout le monde s’y met. » a ainsi conclu Andrews.

Et voilà qui conclue ce Midem 2015 !

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Voilà, j’espère que cette série d’article sur le Midem 2015 vous aura inspiré.

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