Pourquoi et comment développer son oreille musicale (1/2)

L’oreille musicale : le bien plus précieux du musicien

L’oreille musicale… Tout un programme ! Je me devais de commencer ce blog par les oreilles.

Pour faire de la prod, créer un titre soi même de A à Z, jouer dans un groupe, il faut des compétences.
Mais il faut aussi et surtout une oreille. Une oreille musicale n’est pas qu’un don, mais c’est surtout quelque chose qui se développe, qui se modèle et s’affine avec le temps. N’est pas Mozart qui veut, désolé ! Et Stevie W. ou Gilbert M. en sont les preuves vivantes : un musicien peut très bien s’en sortir sans rien y voir. De même qu’un muet ou un sourd pourrait devenir un grand peintre, ou quelque chose comme ça.

 
l'oreille musicale de van gogh ?
Vincent et son oreille…

La qualité #1 d’un musicien : son oreille

Il n’y a rien de plus frustrant que de jouer avec un musicien qui n’écoute pas.
C’est selon moi le critère numéro un qui me fera dire qu’un zikos est bon ou pas. Le meilleur des techniciens ne servira en rien la musique s’il passe son temps à s’écouter et ne pas écouter les autres. C’est plus fréquent qu’on ne pourrait le croire. C’est pourtant là d’ailleurs toute la magie de jouer en groupe, quand à un moment donné chacun se retrouve dans son coin et pourtant connecté aux autre par un lien invisible, et entre en communion  et offre ça au public. Bim.

On a tous vécu des concerts comme ça dans la fosse. Et ce sont des moments de pure magie.
Sur le plateau, je trouve que c’est parfois plus compliqué ! On se laisse submerger par ses émotions, son stress de faire un pain (pin?), son kiff personnel, mais…

-> Il faut garder à l’esprit qu’on est au service de la musique, et pas l’inverse.

L’oreille musicale est aussi une question d’égo

Il faut rester humble. Si vous créez un morceau ou jouez dans un groupe juste pour vous satisfaire votre égo, (et l’égo chez le musicien peut être fort développé !) je pense sincèrement que vous n’êtes pas dans une démarche très enrichissante. Attention, il faut bien un peu d’égo et de fierté quelque part pour faire avancer la machine, pour oser partager ses émotions, mettre ses tripes dans un morceau ! Mais on peut très vite se gargariser de cette petite fierté d’être un « créateur »… Fierté qu’il faut essayer de combattre un tant soit peu.

Il faut en tout cas en avoir conscience, sinon, j’oserais dire qu’on va passer sans doute à côté de l’essentiel dans la musique, qui est un partage, un moyen de communiquer des émotions d’une manière universelle et très directe ! Dans tous les cas c’est tellement bon de faire de la musique, que votre santé mentale ou même votre âme vous remercie.

Pour illustrer simplement, j’ai longtemps passé mon temps à en faire des tonnes en guitare lead dans mon groupe de rock, avant d’apprendre à simplement la fermer et à placer mes notes dans l’intension du morceau, en m’efforçant de bien faire sonner chacune d’elles. J’ai ravalé un peu ma fierté, me suis calmé sur les doubles croches, et les chansons m’ont remercié.

Et franchement, Bien souvent en musique, moins c’est mieux. C’est plus facile, plus porteur, et pas moins pertinent au contraire. D’ailleurs la plupart des mélodies ou hooks que l’on connait tous sont ultra simples. Mais accrocheurs. Chaque note compte.

-> Trouver la juste note. Si vous ne vous écoutez pas, ce n’est guère possible.

 

Lentement mais surement, l’oreille musicale se forge

Que l’on joue avec d’autres, ou que l’on compose sa musique seul dans sa chambre, l’oreille doit vous donner cette conscience de l’ensemble. Au début vous pouvez un peu mentaliser votre écoute, mais méfiez vous, à trop vous forcer à écouter, vous n’allez plus rien écouter du tout ! C’est un processus mais il faut tendre à ce que ça devienne au maximum naturel.

Plus votre oreille musicale sera aiguisée, plus il sera simple de répondre aux questions suivantes :

– quel accord irait bien après ce Do#m ?
– que puis je faire en guise de break ?
– est ce que je me mets en avant ou en retrait ?
– comment les instruments sonnent ils les uns par rapport aux autres ?
– comment je me place ou place une piste dans l’ensemble ?
– est ce que je fais une intro longue ou j’attaque la chanson rapidement ?
– comment évolue l’énergie globale du morceau?

-> Il faut parfois se rappeler d’être dans une écoute « active » de notre morceau, et pas simplement se laisser porter par la super mélodie qu’on vient de trouver

 

J’espère que ces quelques pistes vous aiderons à penser à vos feuilles, et développer votre oreille musicale !

Restez à l’affut, dans la deuxième partie de cet article, je vous donnerai quelques uns de mes trucs pour développer votre oreille.

 

D’ici là dites répondez donc à cette question : est ce que pour vous l’oreille musicale compte autant que pour moi ?

lemusicien
 

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