5 idées pour améliorer un arrangement musical

Ah l’ arrangement…

Un gros morceau dont on a, je pense, pas fini de parler.

Dans une chanson, on a pas forcement conscience de l’importance de l’arrangement, et pourtant !

 

Pour prendre une métaphore du bâtiment, je dirais que la chanson ça va être le gros oeuvres, les murs et les fenêtres. Et l’arrangement, la couleur de l’enduit, du parquet ou du lino au sol, un jardin fleuri ou potager.Bref tout ce qui va vraiment distinguer notre musique d’une autre. Et donner un certain caractère à un titre.
Imaginons… Notre morceau est à peu près fait, on a un semblant de structure, de couplet/refrain/pont. On a déjà un mouvement certain, un parti pris, une direction. Mais ça manque encore de clarté dans les transitions, dans les images sonores que l’on crée.
Finalement on a plus l’impression de différents “blocs” qui s’enchainent et se répètent.
Aussi pour améliorer cela, on va essayer de créer des petits moments “uniques” car pas vraiment répétitifs, qui vont donner une certaine couleur à un instant T. Comme des gouttes de tabasco sur une part de pizza. Aie Caramba.
On va donc relever la saveur, colorer notre morceau.
Ces événements peuvent se retrouver a d’autres endroits dans notre morceau, mais dans tous les cas ce sont  des événements qui vont contraster largement avec le gros de notre morceau.  Ces petits trucs “qui font tout”.
Voici quelques pistes.

1. Le break, c’est la base

Probablement le plus simple et évident.
Mutez un max de track à un moment.

 

Ne garder que le basse/batt, un guitare voix, ou même juste des voix, peu importe.
Vous aurez compris, faites de la place !
C’est le genre de truc qui permet facilement de relancer notre intérêt pour un morceau.
L’idée est de créer la surprise, et de mettre en valeur tel ou tel instrument ou passage de notre musique.
 “Le break c’est la vie” !

 

Encore faut-il trouver le bon moment dans le morceau.

2. Remplissage/ Fill / Transition

 

En fin de phrase, de mesure, de couplet, on peut s’attendre à un fill de batterie par exemple. Tu sais le truc qui t’amène à la phase suivante, qui emmène par exemple vers le refrain. Takadak doum doum tching.

 

Traditionnellement donc, c’est la rythmique qui nous y emmène de façon la plus évidente.
Mais très souvent on a cette impression de “blocs” qui s’enchainent..
Aussi, je ne saurais que trop vous conseiller de travailler en ce sens avec d’autres instruments, plus harmoniques.
Vous pouvez anticiper les transitions, les changements de phase. Si un instrument apparait au moment T du break/pont/refrain (etc) essayer peut être de le faire rentrer en fin de mesure, juste avant T.
L’idée c’est de créer un mouvement commun. Et enlever cette impression de copier/coller.
Et donc d’ajouter de la cohérence. Et du naturel.

3. Modulation / Distortion / Destruction !

On peut facilement créer un nouvel espace sonore en martelant un son.
Un peu comme un forgeron viking.
N’ayons pas peur de nous salir, ça ne va pas forcément être chirurgical…
Mais passer une piste de batterie dans un ampli guitare, ou notre voix lead dans un EQ/Flanger de la mort peut donner une certaine couleur caractéristique qui peut trancher radicalement avec le reste du morceau.
Par contre, prudence, trop d’effet tue l’effet
Donc burinez l’effet certes, mais il faudra trouver sa place dans le mix par la suite, gardez cela en tête…
Mais n’ayez pas peur d’essayer, on a souvent de bonnes surprises.

4. Un son glucose 

Un son glucose est un son que je qualifierai de bizarre, improbable.
Un son qui brouille les repères.
Ca peut être un effet de sound-design, un cheval qui henni, une sirène distordue.
Des bruits de respirations, des frottements de cordes de guitare. Un bruit d’explosion.
Ou même, tout en même temps ! Allez savoir !
Je ne vais pas non plus vous mâcher le travail. C’est à vous d’explorer.
Mais vous avez saisi l’idée.
Un événement unique de ce style, et c’est l’étonnement assuré chez l’auditoire. Par contre, c’est le genre de son à bien travailler et a utiliser avec grande parcimonie.

 

On peut vite se retrouver à la frontière du kitsch, et là il suffit d’un rien pour basculer du côté obscur. Et vice et versa.
Les Tranxen 200
NB: J’ai volontairement fait référence aux Tranxen 200 qui bercèrent jadis mon enfance avec leur unique tube.

 5. Une mélodie en one shot

Parfois il faut vraiment aller au plus improbable et trouver quelque chose qui sorte vraiment du morceau.
Pourquoi pas une nouvelle mélodie avec un nouvel instrument. Juste une fenêtre vers un ailleurs, quelque chose qui évoque un truc totalement différent.
Cette fois on va faire en sorte de ne pas revenir dessus. Une mélodie improbable, quelques notes.  L’évocation d’un ailleurs, un sample détruit d’un autre de nos morceaux. Là encore les possibilités sont larges.Ca n’est pas forcément évident, et parfois cela peut venir “par hasard”, au détour d’un accident.
Soyez prêt à l’accueillir ! Qui sait, ce sera peut être “le truc qui fait tout”.

Pour conclure

Je dirais simplement qu’il ne faut pas hésiter à mélanger ces différentes techniques.
Essayer d’être créatif, surprenant, ne pas avoir peur d’essayer. A priori, vous ne travaillez pas sur un Revox et vous pourrez faire CTRL+Z. Quand à répéter ces événements sonores, il faudra se méfier, et trouver un juste équilibre, encore une fois, moins c’est souvent mieux, aussi choisissez bien vos moments.
L’arrangement est une question de mesure. point trop n’en faut, mais il en faut quand même…
Gardez cependant à l’esprit un univers précis, mais essayez également de créer des moments qui relance l’intérêt de l’auditeur (et de vous même d’ailleurs).
Je pense que c’est un bon état d’esprit pour faire progresser notre arrangement.
Faites moi part de vos astuces d’arrangement dans les commentaires, que ça puisse profiter à d’autres !
Allez, bons arrangements !
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lemusicien
 

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