MIDEM 2015 : L’engagement est plus important que les chiffres

Résumé du 2e jour de Midem : Où il est question de convergence, de développement, de direct to fan…

LA Reid au Midem 2015

LA Reid

–Note Du Traducteur—

Le Midem 2015, en bref :

Jour 1 – Vendredi 5/06
Jour 2 – Samedi 6/06
Jour 3 – Dimanche 7/06

Cet article a été écrit par Rhian Jones,  journaliste freelance de l’industrie musicale, tiré du blog du Midem traduit de l’anglais par Vincent Retg. Retrouvez l’original en cliquant ici.

Je remercie l’auteur de m’avoir autorisé à traduire son texte. Thanks to Rhian Jones for letting me translate and publish her article.
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Par Rhian Jones

Ce deuxième jour de MIDEM 2015 a commencé par un copieux petit déjeuner sur la thématique des droits d’auteur, animé par le président et PDG d’Epic Records, LA Reid ainsi que l’ancien responsable marketing pour la fidélisation des clients de PepsiCo, Frank Cooper III.

Les deux directeurs débattent des relations entre artistes et marques, après avoir annoncé les 14 finalistes (parmi 472 candidatures) du programme d’accélérateur de carrière du MIDEM 2015. Un programme en partenariat avec Pepsi et Deezer.

(NDT : Pour m’ être intéressé au programme et dossier de candidature, c’est un programme réservé à des artistes déjà soutenu par un entourage professionnel, comme la majorité des programmes de développement et d’émergences de groupes..)

 

Reid rappelle les début de carrière d’Outkast et Toni Braxton, dont la popularité s’est répandue par le bouche à oreille. Les marques et les plateformes ne peuvent pas vraiment “mettre en avant ce qui fait qu’un artiste est spécial, différent” dit il, et alors qu’il a de plus en plus d’opportunités pour faire émerger des nouveaux artistes, rien n’est plus important que “l’agitation” (autour d’un nouveau projet, NDT), ajoute t il. “L’engagement est plus important que les chiffres. une fois que vous avez votre audience, la question est de savoir ce que vous en faites.”

 

Quand Kate Thornton, l’animateur du débat, l’interroge sur les raisons de certains échecs des partenariats avec les marque, Reid et Cooper rappelle le contrat conclu entre U2 et Apple l’année dernière. Leur dernier album était intégré gratuitement au logiciel iTunes, et “imposé” de fait à des millions de personnes. Le leader du groupe, Bono, a depuis admis que c’était un peu “mégalo”.

“Il me semble que les gens dans l’industrie de la musique, et particulièrement les artistes d’une pareille stature, pensent que plus c’est gros, mieux c’est” dit Reid. “Les fans qui suivent U2 depuis toutes ces années avaient l’impression d’avoir une relation privilégiée avec le groupe, et cette opération a balayé tout ça”. Parfois, on pense que les marques ou les plateformes nous offre une possibilité d’atteindre tout le monde, alors qu’en fait, ça n’est pas ce que nous voulons.

“En tant que fan, consommateur, j’ai envie qu’on me traite d’une façon particulière, j’ai envie de ressentir un lien spécial. Ca n’est pas gratuit, et ça n’est pas pour tout le monde. Il faut être prudent avec l’idée de toujours vouloir faire plus : moins c’est mieux.

Discussion au Midem 2015

De gauche à droite : Jake Friedman, Josh Deutsh et Emmanuel De Buretel.

Plus tard, c’est le thème de la convergence (la thématique de ce Midem 2015) qui est à l’honneur, avec les interventions de Jake Friedman de Lovepump United Records, Josh Deutsch de Downtown Music et Emmanuel De Buretel de Because Music.

Ces derniers sont d’accords avec l’idée que la convergence, c’est avant tout chercher à se diversifier en tant que labels, éditeur ou organisateur. Et créer des points de rencontres entre les différents business. Selon De Buretel, structures indépendantes et majors vont devoir travailler ensemble pour faire émerger de nouveaux artistes, et apprendre à s’étendre sur un marché mondial.

“Les structures indépendantes n’ont pas forcément un catalogue solide sur lequel se reposer, et il nous faut sortir un nouvel artiste tous les deux/trois mois”, explique t il. “C’est comme un sport, on s’est entrainé à faire percer, et à développer (des artistes, NDT), et à l’avenir nous aurons les outils pour les diffuser partout dans le monde”

“Il serait bon que les trois majors comprennent qu’elle ne peuvent s’aspirer les unes les autres, aussi vont elles devoir travailler avec les labels indépendants, et ce d’une manière équitable.”

Martin Vasavsky (Fon) au Midem 2015

Martin Varsavsky, de Fon.

Martin Varsavsky, fondateur du service wi-fi Fon, nous a ensuite proposé sa vision futuriste du salon avec le Gramofon, un “simple gadget qui transforme n’importe quel système son en lecteur de musique”

Un petit cube noir transforme n’importe quel genre de système hi fi (même les très anciens) en un lecteur de musique dans le cloud, et permet ainsi aux auditeurs d’écouter leur musique depuis des services de streaming comme Spotify, Napster et WiMP.

Lancé tout juste deux semaines après une campagne de crowdfounding réussie, l’appareil agit également comme un extenseur de wifi et permet ainsi de continue à lire la musique, même lorsqu’on a éteint son téléphone ou que l’on s’est éloigné.

Arnaud de Puyfontaine, PDG de Vivendi, a passé les derniers mois à rappeler l’intérêt de l’entreprise pour le  Groupe Universal Music (UMG), après que les actionnaires aient réclamé sa vente. Son discours au Midem n’a pas dévié de cette ligne.

En effet, UMG est une part importante de la vision que porte Puyfontaine pour le futur : augmenter les abonnements au streaming, ouvrir sur de nouveaux territoires (comme l’Afrique), et découvrir les Sam Smiths ou les Aloe Blaccs de demain.

Interrogé sur l’avenir de l’industrie musicale, au delà du streaming, Puyfontaine raconte : “La musique c’est la belle au bois dormant qui a besoin d’un prince charmant pour créer une nouvelle famille merveilleuse”.
“La musique, c’est quelque chose que le monde entier partage, ce sont des émotions. Dans cette nouvelle ère qui débute, il y aura des plateformes, des experts et des opportunités [pour créer] la bonne formule et démarrer cette passionnante histoire”.

Brian Solis au Midem 2015

Brian Solis

 

Brian Solis, analyste pour Altimeter plus habitué aux conférences technologiques qu’aux événements musicaux, intervient par la suite.

Son point de vue extérieur fait du bien aux échanges du Midem : “Le fait que l’industrie musicale ne s’inspire par de ce qui se passe à Hollywood en ce moment est tout simplement absurde,” déclare t il, en ajoutant que “le modèle qui existait jusqu’à aujourd’hui doit mourir (…) Le futur, c’est l’utilisateur qui va le définir, et vous n’innoverez pas en vous plaignant !

Solis quitte la scène sur ces mots : “Il ne suffit plus d’écrire une chanson : vous devez créer un écosystème qui attire l’attention“. De quoi nourrir les réflexions.

En guise de clôture à cette deuxième journée du MIDEM 2015, une discussion entre experts des réseaux sociaux et l’artiste et producteur américain Ryan Leslie. Au programme : les modèles de distribution directe, à propos desquels Leslie nous explique comment il est parvenu à créer son propre écosystème direct-to-fan, sans l’aide d’un label.

En communiquant directement avec ses fans via son smartphone (il donne régulièrement son numéro), il est parvenu à générer deux millions de dollars en impliquant son audience.

Cette relation directe et personnelle entre lui et sa base de fan lui a par exemple permis de vendre des foulards en édition limitée incluant une invitation pour un show du  nouvel an (pour un prix de 420$) ou bien des billets pour assister à des sessions d’enregistrement (lui faisant gagner entre 2500 et 4000$ à chaque session).

Et Leslie de conclure : “Tout est une question d’expériences. La seule chose qui n’a pas de prix dans ce monde, c’est le temps.”

Photos :Rhian Jones

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Voilà pour la traduction de ce résumé du jour 2 du MIDEM 2015 !

Que tu penses du “direct-to-fan” ? Donne nous ton avis dans les commentaires.

Le Midem 2015, en bref :

Jour 1 – Vendredi 5/06
Jour 2 – Samedi 6/06
Jour 3 – Dimanche 7/06

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